jeudi 5 mai 2011

Paris Ligne 4 – Mercredi 26 janvier 2011 – Une lueur dans le sous-sol

Que dire de cette ligne du métropolitain parisien ? Que son segment entre Gare du Nord et Montparnasse Bienvenüe, je le connais par cœur ? Qu’il suffit de citer le nom d’une station pour que je la dessine yeux fermés ? Le métro parisien ne m’a jamais fait peur. Je ne m’y suis jamais senti oppressé et pour cause, je le prends pour un théâtre !

Et ce soir, c’était encore un peu plus vrai. Assez las en général d’entendre plus que d’écouter les accordéonistes déambulant de la valse russe. J’apprécie néanmoins ces moments en dévisageant chaque voyageur, sa manière de réagir, sa perception de la chose. A chaque individu son caractère, il n’y a pas plus vrai dans pareille situation. Pas un acteur ne joue de la même manière que son voisin. Lister les comportements serait trop long. C’est une pièce offerte. Certains jeux sont stressés, d’autres dépités, d’autres songeurs, d’autres encore admiratifs, d’autres…non concernés.

Mais revenons-en à ce soir. C’était particulier ! La pièce a cette fois-ci rassemblé les individualités. Une pièce collective où pour une fois la grande majorité des acteurs du moment semblait s’être passé le mot. Rien de telle qu’une chanteuse andalouse ? Serait-ce donc ça le secret du sourire du métro parisien. Certes les usagers n’en étaient pas à fredonner les paroles – encore aurait il fallu les connaître – mais une certaine connivence se dégageait. Pour ma part, il est vrai que le moment fut doublement agréable. Le chant était juste et entraînant et la foule conquise se retrouvait sur mon visage souriant.

Une vraie danseuse de flamenco, enfin, une flamenco de métro. Pas de talonnettes, juste des semelles plates de caoutchouc. Pas non plus de frou-frou sur une robe rouge et noir, simplement un jean bleu des plus banals. Ce n’était pas pour autant peine perdue, cheveux long et noirs ainsi que rouge à lèvre vif étaient présents. Mais surtout, il y avait cette voix, ce timbre ibérique, ces ‘r’ roulés, ce ton direct, franc et haut. L’ambiance du métro est souvent silencieuse et c’était le cas là aussi. A la différence près que le rythme du voyage était donné par le flux des paroles accentuées, plus que par celui des roulements métalliques sur les rails. Les regards qui se croisaient pendant ces quelques minutes cherchaient alors le rictus complice plus que celui de la moquerie habituelle.
Ce n’était biensûr pas un a capella, il y avait une bande magnétique qui tournait en fond sonore. Rajoutez cela au court métrage que vous imaginez et les strapontins du wagon seront bel et bien ceux d’un théâtre…

Et comme, tout bon artiste a droit à son succès, la chansonnette fut suivie d’une autre musique, celle que jouent des pièces de monnaies qui s’entrechoquent dans une bourse.


Tout comme...

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